Quand l’enquête PISA paraît, qui évalue internationalement « la capacité des élèves à utiliser leur connaissance dans les situations de la vie quotidienne » (un « utilitarisme » de la connaissance qui montre bien que la France n’est pour rien dans cette enquête) fait ressortir de manière objective un déclassement de la France qui correspond bien à l’évaluation subjective des parents d’élèves, on s’interroge sur les priorités récentes de l’Education Nationale : changer autoritairment le rythme scolaire, promouvoir l’ABCD de l’égalité pour « lutter contre les stéréotypes filles-garçons » et, dernière en date, désormais généraliser la suppression des notes dans le système scolaire ! Cet ensemble de préoccupations nationales paraît cohérent… avec les résultats de l’enquête PISA. L’Education Nationale fait un magistral contresens, mais persiste et signe, même si les résultats de ce contresens sont de plus en plus patents pour « tout le monde ». Le contresens à l’origine des autres, est dans la prétention de la rue de Grenelle de tout diriger d’en haut avec des prescriptions détaillées au lieu de se contenter de fixer des objectifs généraux en termes de résultat qualitatif à atteindre à chaque niveau (et non « quantitatif » en pourcentage de réussite au bac) et de donner de la liberté d’action aux professionnels de l’éducation en relation avec les associations de parents d’élèves et les élus de terrain. Le contresens consiste à laisser à chaque ministre de passage le pouvoir d’imposer à tous sa lubie au lieu de laisser travailler en paix les personnes concernées, et de les laisser évoluer continûment en fonction de leurs résultats et d’un monde qui bouge notamment dans la technologie de la transmission du savoir.
Pour remonter la pente, la méthode doit être inversée : il faut d’une part favoriser l’expérimentation pédagogique et renforcer l’autonomie des établissements, laisser l’émulation des résultats produire ses effets spontanés, et surtout prémunir les structures éducatives nationales contre les aventuriers et idéologues de passage. Les empêcher « d’em…. les Français » comme s’est écrié un jour sur un autre sujet à l’égard d’un de ses ministres le Président Pompidou. Un coup de gueule salutaire universalisable tant un pouvoir politique agité tend à créer des problèmes qui n’existent pas, au lieu de se concentrer sur ceux qui existent et sont en général le legs sédimenté d’inventifs prédécesseurs en mal de renom.