Vous pouvez le découvrir sous la plume de Xavier Fontanet, qui dans une chronique des Echos du 5 juin dernier (« La crise n’est pas mondiale ! ») commente les refroidissantes réalités sous-jacentes aux déjà moroses évolutions du PIB, que le gouvernement et les administrations officielles s’ingénient à monter en épingle : le PIB marchand, qui représente 43 % du PIB total (marchand et non marchand) est passé de 906 mds € en 2007 à 874 mds € en 2012. Il ironise, en exagérant un peu, car la dette augmente de manière largement inertielle par la logique des intérêts composés, en indiquant que 700 mds de dette publique supplémentaire « ont produit une baisse de PIB de 32 mds € ». Bonne idée que de suivre et de comparer le ratio PIB non marchand sur PIB marchand. Supérieur à 1, il signifie en effet, selon l’image qu’il met en avant, que le cavalier pèse plus lourd que la monture : pas étonnant que celle-ci s’essouffle un peu…. On remarquera qu’il faut un chef d’entreprise privée, qui n’est manifestement pas rompu à cet exercice de commentaire des statistiques de comptabilité nationale, pour aller chercher ces chiffres et les commenter, alors que la sphère publique, telle la grande muette, se garde bien de gloser à ce sujet. Elle est sans doute trop occupée à les produire. Une spécialité bien de chez nous : employer des armées de statisticiens à produire des chiffres dont personne ne s’avise d’extraire le sens. Cela dit on franchirait un pas supplémentaire dans l’opacité si on cessait de les produire, et nous n’en sommes pas encore là contrairement au Système de Réserve Fédéral américain qui a décidé de cesser de publier les statistiques de masse monétaire en 2006. Réjouissons-nous donc de cela au moins !
Pour aller plus loin, voir dans le n° 3090 de Problèmes Economiques, mai 2014 2ème quinzaine : « Croissance : l’idolâtrie du chiffre » par Charles Le Lien, article repris de la Revue Politique et Parlementaire, octobre-décembre 2012, volume 114.